Tout savoir sur les Acides Aminés Non Essentiels

acide aminé non essentiel

Les acides aminés non essentiels sont ceux qui peuvent être synthétisés par l’organisme. Découvrez leurs rôles, leurs sources et les recommandations sur leur consommation. Par Lætitia Matrat, diététicienne nutritionniste DU.

Qu’est-ce qu’un acide aminé non essentiel ?

Un acide aminé non essentiel ou non indispensable est un acide aminé qui peut être synthétisé par l’organisme et qui ne dépend pas d’un apport exogène, contrairement à un acide aminé essentiel.

Le tableau ci-dessous répertorie les 11 acides aminés non indispensables ou conditionnement indispensables.

Acides aminés conditionnellement indispensablesAcides aminés non indispensables
ArginineAcide aspartique
CystéineAcide glutamique
AsparagineSérine
GlutamineAlanine
Tyrosine
Glycine
Proline

Certains acides aminés peuvent revêtir le qualificatif « indispensable ». Par exemple, chez l’enfant prématuré1, certaines fonctions sont immatures. La cystéine ne peut être synthétisée à partir de la méthionine, La cystéine doit être alors apportée via l’alimentation.

Dans certaines situations, la demande en acides aminés peut être accrue par rapport à la capacité de synthèse. Un apport en arginine, glutamine ou cystéine2 pourrait devenir nécessaire en situation de stress (agression : brûlure, inflammation …).  Ces événements augmentent les besoins de certains acides aminés, ne pouvant être satisfaits par synthèse endogène. Un apport extérieur est donc indispensable.

Présentation et rôle des différents acides aminés non essentiels3

L’Alanine

C’est un substrat qui peut être utilisé lors de la néoglucogenèse, c’est-à-dire que l’organisme peut synthétiser du glucose à partir de cet acide aminé.

L’Arginine

C’est un précurseur dans la synthèse de l’urée, la proline. L’arginine intervient dans le système immunitaire, la cicatrisation ou encore la sécrétion d’hormone de croissance.

Elle est également un précurseur dans la synthèse de monoxyde d’azote (NO), qui va permettre de dilater la paroi des vaisseaux sanguins, ce qui aboutira à une augmentation du débit sanguin. On parle d’un effet vasodilatateur.

L’effet et l’intérêt d’une augmentation de l’apport en arginine à doses nutritionnelles restent à démontrer chez l’homme.

En revanche, une supplémentation d’arginine à très forte dose (supra-nutritionnelle) a des effets bénéfiques avérés dans certaines situations pathologiques cardiovasculaires.

L’Acide aspartique ou aspartate

Cet acide aminé non essentiel intervient dans le cycle de l’urée. Rappelons que l’urée est le déchet des protéines produit par le foie, filtré par le rein puis éliminé dans les urines. C’est de plus le précurseur de molécules qui constituent l’ADN (pyrimidines).

La Cystéine

Elle est formée à partir de la méthionine. Elle participe à la formation des phanères, de la peau (via la mélanine), ou encore de l’insuline. La cystéine est avec la méthionine un précurseur du glutathion (antioxydant cellulaire).

La Glutamine

Sa synthèse s’effectue à partir du glutamate. La glutamine peur fournir du glucose. Elle intervient au niveau du système immunitaire, car c’est un substrat énergétique pour les cellules de défense (lymphocytes T, macrophages, neutrophiles, etc.) et les cellules épithéliales intestinales. Elle permet l’entretien de la barrière intestinale, réduit l’altération de cette barrière, et limite ainsi sa perméabilité. De plus, la glutamine est un donneur d’azote pour la biosynthèse des constituants de l’ADN (nucléotides).

L’Acide glutamique ou glutamate

Cet acide aminé non indispensable peut être synthétisé lors du catabolisme (dégradation) d’autres acides aminés tels que l’arginine, la proline et l’histidine. Le glutamate est un précurseur de la glutamine. Enfin, le glutamate est un des acides aminés précurseurs du glutathion (antioxydant cellulaire).

Le glutamate est aussi un neurotransmetteur excitateur et le précurseur du neurotransmetteur inhibiteur GABA. Un neurotransmetteur est une petite molécule qui sert de messager entre les cellules nerveuses.

La proline

Cet acide aminé est le précurseur du glutamate. La proline est présente de manière abondante dans le collagène.

La sérine

La sérine est un des précurseurs pour la biosynthèse de la cystéine et de la sphingosine (composé qui constitue certains lipides membranaire). Elle peut également être transformée en pyruvate pour produire de l’énergie.

La glycine

Elle est un précurseur pour la biosynthèse de sérine, ainsi que pour la synthèse du glutathion, de la créatine, et de l’hème de l’hémoglobine (composant des globules rouges).

Aliments riches en acides aminés non essentiels4

Alanine

  • Morue, Atlantique, déshydratée et salée : 3799 mg/100 g.
  • Bœuf, cuisse, bifteck de noix de ronde, désossé, maigre, cuit, braisé : 2467 mg/100 g.
  • Veau, épaule, jarret, maigre et gras, braisé : 2000 mg/100 g.
  • Gibier, viande, autochtone, lapin, cuit : 1992 mg/100 g.

Arginine

  • Sésame, graines, entières, grillées : 2515 mg/100 g.
  • Poulet, rôti, viande, viande et peau, cuisiné, rôti : 1506  mg/100 g.
  • Brie : 735 mg/100 g.
  • Lentilles, graines matures, cuisinées, bouillies, sans sel : 697 mg/100 g.
  • Tofu, salé et fermenté (fuyu) : 542 mg/100 g.

Acide aspartique

  • Dinde, viande sans peau, cuisinée, rôtie : 2323 mg/100 g.
  • Veau, haché, cuisiné, rôti : 2103 mg/100 g.
  • Soja, mature, cuisiné, bouilli, sans sel : 2093 mg/100 g.
  • Lupin, graines matures, cuisinées, bouillies, sans sel : 1669 mg/100 g.

Cystéine

  • Germe de blé : 458 mg/100 g.
  • Poulet, viande, cuisiné, rôti : 320 mg/100 g.
  • Saumon, rose, cru : 159 mg/100 g.
  • Parmesan : 90 mg/100 g.

Acide glutamique

  • Parmesan, râpé : 6425 mg/100 g.
  • Roquefort : 3670 mg/100 g.
  • Sauce soja : 2411 mg/100 g.
  • Chips de pomme de terre, saveur fromage : 1 446 mg/100 g.

Proline

  • Maquereau, Atlantique, cru : 658 mg/100 g.
  • Brie : 2346 mg/100 g.
  • Homard, cru : 741 mg/100 g.
  • Œuf entier, cru : 512 mg/100 g.

Sérine

  • Noix de cajou : 1079 mg/100 g.
  • Œuf entier, cru : 971 mg/100 g.
  • Amande : 912 mg/100 g.
  • Grains de maïs, jaune : 447 mg/100 g.

Glycine

  • Veau, foie, braisé : 2288 mg/100 g.
  • Dinde, jeune, viande blanche et peau, rôtie : 2192 mg/100 g.
  • Viande froide, bœuf, tranché mince : 2087 mg/100 g.
  • Moules, crues : 744 mg/100 g.

Recommandations sur la consommation d’acides aminés non indispensables

Les acides aminés non indispensables se trouvent dans les viandes, poisson, œufs, produits laitiers, fruits de mer, crustacés, légumineuses et céréales complètes. Un apport de protéines à hauteur de 0,83 g/kg/j. permet de couvrir les besoins en acides aminés non essentiels, soit une à deux portions par jour.

Laetitia MATRAT, diététicienne-nutritionniste DU.

Sources :

  • (1)(2) Patureau Mirand, P., Beaufrère, B., Grizard, J., Obled, C., Arnal, M. Protéines et acides aminés. In Martin A. Apports nutritionnels conseillés pour la population française. Paris : Lavoisier TEC & DOC, 2010, p. 37-62. (ISBN : 2-7430-0422-3)
  • (3) Comité d’experts spécialisé « Nutrition humaine ». « Apport en protéines : consommation, qualité, besoins et recommandations ». Rapport d’expertise collective ANSES, 2007, 461p.
  • (4) United States Department of Agriculture (USDA). USDA Food Composition Database. In : Website of USDA. (Last Modified : May 17, 2016).

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