Après la participation aux dernières Ă©preuves du calendrier, il est bien Ă©videmment dĂ©conseillĂ© de stopper brutalement la pratique du VTT. On optera plutĂ´t pour une diminution progressive des charges d’entraĂ®nement, Ă  travers des sĂ©ances plus courtes et moins intenses. En fonction des conditions mĂ©tĂ©o et de l’envie de chacun, la « trève hivernale Â» pourra ĂŞtre repoussĂ©e jusqu’à mi-novembre.

Cette « coupure Â» va reprĂ©senter la transition entre deux saisons cyclistes, elle est marquĂ©e par un arrĂŞt complet de toute activitĂ© physique, quelle qu’elle soit. L’objectif est ici de rĂ©cupĂ©rer sur le plan physique en rĂ©gĂ©nĂ©rant ainsi un organisme qui a Ă©tĂ© durement sollicitĂ© pendant plusieurs mois, mais Ă©galement de dĂ©compresser mentalement. La question est de savoir comment aborder cette pĂ©riode, faut-il mieux s’arrĂŞter 3 jours, 2 semaines, un mois ?

Il arrive souvent que certains cyclistes fassent l’impasse sur cette transition hivernale, de peur de perdre leurs acquis et de devoir tout reprendre Ă  zĂ©ro. Pas dramatique me direz-vous, si ce vtt’iste pratique en loisir et ne s’entraĂ®ne pas rĂ©gulièrement, on est en ce qui le concerne encore loin du point de saturation. Par contre, dans le cas de figure d’un  coureur affutĂ©, avec huit-mille kilomètres au compteur et trente jours de courses dans les jambes en fin d’annĂ©e, l’absence de « coupure Â» risque de se payer chère. Effectivement, mĂŞme si la saison a Ă©tĂ© rĂ©gulièrement ponctuĂ© de brèves pĂ©riodes de repos et de cycles de rĂ©cupĂ©ration active, au bout d’un an d’entraĂ®nement et de compĂ©titions rĂ©gulières l’accumulation de la fatigue se fait toutefois ressentir. Il est alors temps de « poser Â» le vĂ©lo quelques jours sous peine d’être victime d’un Ă©tat Ă©puisement gĂ©nĂ©ral, voire mĂŞme de blessures lors des prochains mois.

D’autre part, en tant que compétiteur, toute l’organisation de votre emploi du temps est généralement orientée autour du vélo, ce qui induit forcément des contraintes familiales et professionnelles. Cette période de transition doit ainsi être l’occasion de se changer les idées à travers des loisirs externes au vélo. Profitez-en pour sortir, partir en week-end, voir des amis …



Une absence de « coupure Â» est donc Ă  Ă©viter sous peine de rattaquer la prochaine saison dĂ©jĂ  Ă©puisĂ© physiquement et mentalement, avec un manque de motivation et un risque de blessures accrus.


A contrario, une période d’arrêt prolongée aurait des effets néfastes sur le plan physiologique, mais également au niveau métabolique.

Le premier aspect qui nous vient à l’esprit lorsque l’on arrête de s’entraîner est évidemment la régression de sa condition physique. Si une période de repos de 2 à 3 jours est souvent bénéfique pour l’organisme (grâce au phénomène de surcompensation), il faut effectivement avoir conscience que l’absence totale d’activité engendre des effets négatifs à partir de 5 à 7 jours. Au delà de cette durée le désentraînement augmente de manière exponentielle et nécessitera ensuite plusieurs semaines pour retrouver un niveau similaire.

Par ailleurs, cette période d’inactivité va provoquer une diminution brutale de la dépense énergétique, généralement source de prise de poids, du fait notamment d’un certain laisser aller alimentaire. Effectivement, la pratique du VTT de compétition nécessite une diététique saine et équilibrée tout au long de l’année, cette période de transition est alors l’occasion de se faire plaisir. Attention donc aux excès répétés et déséquilibres alimentaires, également à l’origine de carences nutritionnelles, qui pourraient plus tard engendrer certaines blessures.

 

Si la coupure doit favoriser la récupération, elle doit en outre être l’occasion d’effectuer un bilan général avant de reprendre une nouvelle préparation.

D’une part, Ă  travers son carnet d’entraĂ®nement, il sera intĂ©ressant d’analyser les hauts et les bas qui ont ponctuĂ© la saison. Avez vous atteint les objectifs que vous vous Ă©tiez fixĂ©s en dĂ©but d’annĂ©e ? Quelle est l’origine de cette pĂ©riode de fatigue dont vous avez Ă©tĂ© victime dĂ©but mai ? Comment expliquer ce pic de forme non prĂ©vu initialement ? etc… A toutes ces questions il faudra trouver une rĂ©ponse afin d’affiner la planification de votre prochaine saison.

D’autre part, autant mettre Ă  profit cette pĂ©riode de transition pour effectuer un bilan mĂ©dical complet. Une prise de sang permettra Ă©ventuellement de distinguer certaines carences, qui pourront la plupart du temps ĂŞtre compensĂ©es par l’intermĂ©diaire d’une alimentation appropriĂ©e. Une visite chez un ostĂ©opathe sera certainement bĂ©nĂ©fique afin de remettre Ă  neuf un organisme souvent traumatisĂ© par quelques chutes et tensions diverses. Enfin, un bilan bucco-dentaire  sera le bienvenu afin d’anticiper tout risque de tendinite, souvent consĂ©quences d’une  simple infection.

Profitez en aussi pour vous occuper de la révision de votre monture, pendant que vous n’en avez plus l’utilité.





La coupure hivernale est donc à ne pas négliger et sera dans tous les cas bénéfique. D’une durée idéale de 7 à 10 jours, il conviendra ensuite à chacun d’évaluer son besoin de récupération en fonction de la fatigue et du stress accumulés tout au long de l’année. Cette période plus calme sera également appropriée pour poser les bases de la prochaine saison.


Thibault RICHARD, coach cyclisme et course Ă  pied


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